12ème Rendez-vous de Casablanca de l’Assurance : la Fédération Marocaine de l’Assurance a ouvert les travaux ce mercredi 15 avril 2026
Ce mercredi 15 avril 2026, la ville blanche a donné le coup d'envoi de la 12ème édition du très attendu Rendez-vous de Casablanca de l’Assurance. Placée sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette grand-messe du secteur, organisée par la Fédération Marocaine de l’Assurance (FMA), aborde cette année un thème audacieux : la conquête de nouveaux territoires. Entre intelligence artificielle, nouveaux risques géopolitiques et enjeux démographiques de taille, tour d'horizon des grandes tendances qui vont façonner notre sécurité de demain.
Face à l’incertitude, un bouclier qui se réinvente
Nous vivons dans un monde en pleine mutation, où les risques traditionnels cèdent peu à peu la place à des défis infiniment plus complexes. Lors de son allocution d’ouverture, M. Mohamed Hassan Bensalah, Président de la FMA, a dressé un constat lucide : avec les tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions économiques (inflation, coûts de transport), nous sommes entrés dans une « nouvelle phase d’incertitude. »
Aujourd’hui, les citoyens comme les entreprises doivent faire face à des risques climatiques, cybernétiques et désormais géostratégiques d’une ampleur inédite. Face à ces menaces susceptibles de toucher un grand nombre de personnes simultanément, le métier évolue profondément. L’assurance ne se contente plus de la simple indemnisation des sinistres. Comme l’a souligné M. Abderrahim Chaffai, Président de l’Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale (ACAPS), le secteur privilégie désormais une approche globale axée sur la prévention et le conseil. Les assureurs se transforment ainsi en véritables « acteurs de la résilience économique et sociale ».
L’IA et le digital au service de l’inclusion, sans oublier l’humain
L’intelligence artificielle, l’automatisation et l’exploitation des données bouleversent nos quotidiens, redéfinissant les métiers de l’assurance à grande vitesse. Sur le continent africain, la technologie s’impose comme un levier formidable pour intégrer les millions de citoyens encore exclus du système de protection. Grâce au smartphone, souscrire à une assurance devient une démarche « simple, accessible, immédiate ».
Pourtant, la digitalisation seule ne suffit pas. M. Bensalah a tenu à rappeler une vérité fondamentale : malgré la puissance des algorithmes, « l’assurance reste, par essence, un métier de confiance ». Une confiance précieuse qui, rappelle-t-il, « ne s’automatise pas et qui repose, avant tout, sur l’humain ». La révolution technologique doit donc impérativement s’accompagner de pédagogie et de simplicité pour véritablement rassurer les usagers.
Anticiper demain : protéger nos aînés et séduire la jeunesse
Autre défi majeur abordé lors de cette rencontre : la démographie. Le vieillissement de la population est une « transformation silencieuse » qui met sous pression les équilibres de nos systèmes de retraite, en Afrique comme ailleurs. Pour y faire face, le secteur observe avec intérêt les modèles innovants et inclusifs de micro-épargne lancés dans des pays comme le Kenya, l’Inde ou en Amérique latine, permettant de protéger même les travailleurs informels. L’objectif ? Bâtir une offre flexible, véritablement en phase avec les réalités économiques et sociales.
Parallèlement, l’industrie fait face à un défi de taille en interne : attirer les générations Y et Z, qui représenteront bientôt plus de la moitié de la population active. Ces jeunes, en quête de sens et d’impact, sont indispensables. Sans eux, aucune transformation sectorielle ne sera possible, et « aucune confiance ne pourra durablement s’installer ».
Une réglementation repensée pour encourager l’innovation
Pour que toutes ces belles avancées puissent éclore, un cadre structurant est indispensable. La régulation n’est pas perçue comme un frein, mais comme un levier clé pour stimuler l’innovation tout en protégeant les consommateurs. Au Maroc, la très attendue refonte du Livre IV du Code des assurances marque une étape décisive pour adapter les règles aux réalités d’aujourd’hui. Du côté de l’ACAPS, un nouveau cadre de solvabilité, plus fin et basé sur les risques réels, est par ailleurs attendu pour ce trimestre.
Enfin, l’innovation passe aussi par l’ouverture à l’international. Cette séance inaugurale a été marquée par la signature d’une convention de coopération entre la FMA et l’Association Omanaise des Assurances (AOA). M. Sayyid Nassir Salim Al Busaidi, Président du Conseil de l’Administration de l’AOA, a salué ce partenariat, rappelant au passage l’importance capitale de simplifier les procédures et d’améliorer l’expérience utilisateur. Une vision partagée pour construire, ensemble, une assurance résolument tournée vers l’avenir.
Instagram : @fma_maroc
Site Web : www.fma.org.ma