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« Le talent existe, la passion aussi. Il faut maintenant investir dans les jeunes. »

Publié le 29 juin 2026
« Le talent existe, la passion aussi. Il faut maintenant investir dans les jeunes. »

Passionnée de padel et d'événementiel sportif, Shemsi Alami est la fondatrice de PadelLab et la co-organisatrice du Pink Padel Cup, un tournoi devenu incontournable dans le paysage du padel marocain. Engagée dans le développement du sport au Maroc, elle pose un regard lucide et enthousiaste sur les défis et les promesses d'un écosystème en pleine construction.

Pourquoi le Maroc produit-il encore peu de joueurs capables de rivaliser avec les Espagnols ou les Argentins ?

Il faut être honnête : l’Espagne et l’Argentine ont des dizaines d’années d’avance. Là-bas, les joueurs commencent très jeunes, avec des académies, des entraîneurs spécialisés et une vraie culture du haut niveau. Au Maroc, le boom est beaucoup plus récent. Mais ce qui est encourageant, c’est qu’on voit des académies commencer à naître et beaucoup de jeunes se mettre sérieusement au padel. Je pense sincèrement que dans quelques années, le Maroc pourra produire de très grands joueurs si on continue dans cette dynamique.

Le niveau des tournois progresse-t-il assez vite pour préparer les joueurs à la compétition internationale ?

Oui, franchement il y a une vraie progression. Cette année, la FRMT a commencé à organiser des tournois FIP au Maroc, et c’est une étape très importante : ça permet aux joueurs marocains de se confronter à des joueurs internationaux sans forcément voyager. On sent que le Maroc veut vraiment avancer dans cette direction. Et dans le futur, on aimerait tous voir une étape du Premier Padel ici — ce serait incroyable pour le développement du sport.

Qu’est-ce qui manque aujourd’hui pour passer dans une autre dimension ?

Surtout la formation et le coaching de haut niveau. Le talent existe, la passion aussi, les clubs et les sponsors se multiplient. Mais pour franchir un vrai cap, il faut continuer à investir dans les jeunes et dans l’encadrement professionnel. La médiatisation a aussi un rôle essentiel : le potentiel est énorme, mais il mérite davantage de visibilité pour inspirer la nouvelle génération.

Combien de nouveaux joueurs restent-ils réellement après les premiers mois ?

Une fois que les gens commencent à jouer régulièrement, ils deviennent vite passionnés. On voit une vraie communauté se créer, avec de plus en plus de joueurs qui veulent progresser et faire de la compétition. Le padel ne se quitte pas facilement.

Quel regard les joueurs étrangers portent-ils sur les tournois marocains ?

Les retours sont très positifs. Ils apprécient l’accueil, l’ambiance et l’énergie autour des tournois. Et beaucoup sont surpris par la rapidité du développement — tant au niveau des infrastructures que du niveau de jeu. Le Maroc progresse vite, et ça se voit.